LA GRANDE FOLIE : Les fondateurs de Paye Ta Bière

Cela fait un mois (félicitation) que Nicolas et Jean-Hugues ont lancé Paye Ta Bière. L'occasion idéale pour prendre la température et connaître leur début dans l'entrepreneuriat. Après une interview plus approfondie du concept que vous pouvez lire ici, je souhaitais en savoir plus sur leur démarche de création.

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Présentations des fondateurs de Paye de Ta Bière

Le premier c'est Nicolas, 26 ans. Un parcours scolaire bien tracé avec une licence d'économie gestion suivie d'un master en finance d'entreprise et finance de marché. Pour Nicolas tout a commencé après un stage à la Banque de France en tant qu'analyste financier, ou bosser derrière un bureau ne le faisait pas rêver. Puis sa copine lui offre un atelier de brassage pour son anniversaire, et comme à Grenoble ce genre de concept n'existe pas, il se dit "pourquoi pas moi ?" .

C'est là qu'arrive Jean-Hugues, 25 ans. Un parcours d'éco-gestion et comptabilité, des études qu'il ne finira pas puisqu'en cours de route il découvre le brassage amateur. Il postule ainsi à la Brasserie Mandrin (brasserie artisanale grenobloise) obtient un CDI, d'abord en tant que vendeur pour ensuite devenir brasseur. C'est ainsi qu'il développe ses connaissances en bière et en brassage. 

Les deux amis évoquent l'idée en décembre 2015, achètent leurs premières machines pour tester des recettes de bière et se lancent à temps plein dans le projet en mai 2016. Puis le 4 novembre 2016, Paye Ta Bière ouvre officiellement ses portes à Grenoble. 

À la folie :  Qu'est-ce qui vous a poussé à franchir le pas ?

Paye Ta Bière : L’idée n’était pas récente, nous étions vraiment motivés pour nous lancer dans l’entrepreneuriat depuis quelques années, nous avons ont donc saisi l’occasion quand le projet s'est présenté. Après notre étude de marché nous notions que 90% de la population boit de la bière : mais seulement 15% à 20% ont une vague idée du processus de fabrication et 5% connaissaient vraiment le processus de brassage. C’est ainsi que l’idée d’atelier de brassage nous est apparu évidente, afin de transmettre notre passion et notre savoir sur la bière artisanale, sa fabrication, ses saveurs et sa dégustation. 

ALF : Quelle est votre démarche entrepreneuriale ?

PTB : Être son propre patron, libre de ses choix et de ses envies. C'est pour cela qu'en plus de notre apport financier personnel s’ajoute un prêt bancaire. Un prêt qui nous permet d’être les seuls dirigeants de notre entreprise, évitant ainsi des partenariats, locations ou investisseurs. 

Nico : Le côté commercial m’a toujours intéressé, mais être un commercial avec des produits qui ne m’intéressent pas, c’est difficile. Paye Ta Bière me permet de vendre des produits de qualité, de prendre du plaisir et de créer une proximité avec mes clients en les conseillant.

Jean Hugues : Nous avons acheté le tirage pression nous-même, c'est un investissement certain mais au moins il nous appartient. Lorsque vous ouvrez un bar à bière, il existe des revendeurs qui proposent des 'contrats brasseurs'. Ils vous fournissent les installations, mais en contrepartie vous devez vendre un certains nombre de bières représentées par les revendeurs. Cette solution nous aurait bloqué dans le choix des bières ce qui était en contradiction avec notre démarche. Nous voulions être libre d'offrir nos propre sélections de bières artisanales et être autonome sur l’ensemble du projet, y compris pour la tireuse. C’est plus cher, mais au moins nous n'avons pas de compte à rendre !

PTB : Puis l'avantage d'être son propre patron c'est de choisir nous même nos fournisseurs. Pour l'instant nous sommes en phase d'apprentissage pour gérer notre approvisionnement. Le principe c'est que nous réservons des futs à l’avance aux brasseries qui nous intéressent et quand le brassage est prêt on le vend. Le but est de consommer ce que nous recevons, et quand le stock est épuisé on passe à une autre bière. Ce qui permet aussi d’avoir un roulement sur le bar. Nous attendons aussi d’avoir plus d’expérience pour gérer nos plannings et nos quantités. Au début nous avions pris deux futs de chaque bières en ce disant que c'était bon pour un mois facile...mais en une semaine et demi tout étaient déjà consommé ! Ce qui est très positif car depuis l’ouverture (le 4 novembre 2016) nous avons plutôt bien démarré !

ALF : En quoi votre business plan vous a-t-il été utile ? 

PTB : Le business plan nous a aidé à déterminer des objectifs pour survivre à terme, pour nous cadrer et pour définir nos idées. 

Nous avons passé beaucoup de temps sur l’étude de marché et le positionnement afin de fixer les prix pour les ateliers de brassage et les tarifs cave. Nous avons fait des études de la population avec un échantillonnage de 500 personnes, on se rendait dans la rue pour interroger les habitants. Notre cible principale étant les jeunes actifs, nous avons utilisé les questionnaires Facebook pour nos statistiques. Un moyen beaucoup plus adapté pour interagir avec cette tranche d'âge. Enfin, les études nationales nous fournissaient des informations sur la bière et les bar à bière en général ainsi qu'une idée pour fixer les marges. 

Le business plan nous a permis de définir notre concept. Nous avons compris qu'à deux l’atelier n’allait pas suffire, donc nous avons décidé de proposer un concept un peu plus complet autour de la bière. De la production, à la consommation et la vente à emporter on voulait créer des synergies dans notre espace. Les clients du brassage peuvent découvrir la cave et le bar et vice versa. Nous voulions créer un lieu un peu unique centré sur la bière artisanale à Grenoble. 

ALF : Comment fixez-vous vos prix ?

PTB : Pour que nous puissions vivre, mais sans déconner non plus ! Au final, nous sommes dans les tarifs des pubs en centre ville. Un demi coûte environ 3,50€ et 6,70€ la pinte. Nous voulons rester accessible et faire découvrir nos produits au plus grand nombre. Si nous mettons des prix trop élevés nous ne toucherons pas toutes nos cibles, ce qui nous rendra exclusif. Puis, nous sommes entourés de résidences étudiantes et sur la ligne de tram pour le campus, donc si nous voulons convaincre les étudiants, c’était un point à ne pas négliger. À 10€ la pinte nous éliminerions une bonne partie de notre clientèle. Nous préférons faire moins de marge afin de respecter notre démarche de transmission et convaincre nos clients avec nos bières artisanales…en les poussant à arrêter de boire de la pisse ! Haha

ALF : Quel était votre retour banquier ?

PTB : Notre business plan était très complet et très détaillé, mais un peu trop pour les banquiers ! Pour nous valider le prêt nous avons dû faire appel à un comptable, nous n'avons pas eu le choix, ordre du banquier. Le comptable nous a donc aidé à simplifier et présenter notre dossier pour que la banque accepte notre demande. 

ALF : Vers qui vous êtes vous orienté lorsque vous aviez besoin de conseils ?

PTB : Notre entourage et puis l’épouse de Jean-Hugues qui est comptable. Nous avons aussi bénéficié de rendez-vous gratuits avec un expert comptable via Business story. Le principe est simple, 3 rendez-vous gratuits sans engagement par la suite - même si l’objectif est de continuer avec celui que vous consultez et qui commence à connaître votre projet - vous n'avez pas d'obligation. Nous avons fait appel à des experts lorsque nous avions besoin d'être cadré et de définir les étapes du projet. Mais nous avons beaucoup travaillé sur notre business plan donc au final nous n'avons pas eu la nécessité de contacter tous les organismes disponibles pour l'aide à la création d'entreprise. Nos demandes étaient plus ciblées.   

ALF : Avez-vous bénéficié de conseils juridiques ?

PTB : Oui, nous voulions faire les choses bien donc nous sommes passés par un avocat pour créer notre société. Nous avons fait appel à un ancien professeur qui était spécialisé dans le droit des sociétés, puisque nous le connaissions de par nos cours, nous savions qu’il était au point dans le domaine donc nous avons préféré travailler avec lui. Pour 'Paye Ta Bière' nous avons choisit le statut de SARL. 

ALF : Quelle a été votre plus grosse difficulté ?

PTB : Être sur tous les fronts pour coordonner l'avancé de notre projet, les emprunts, le local, etc. C'est très intense de tout mettre en place en même temps, d'avoir les documents et les réponses à nos requêtes, au bon moment pour être sur que le projet aboutisse. Typiquement le plus fou c'était quand à la signature du bail on nous demande les statuts de la société, puis à la création de la société il faut fournir un bail, à la banque il requiert un bail et pour le bail il faut un compte. À cet instant là, il ne faut surtout baisser les bras !

ALF : Et votre plus belle victoire ?

PTB : Arriver au bout de notre projet et bien sur réussir à ouvrir Paye Ta Bière le 4 novembre 2016. Aujourd’hui il y a encore plein de choses à faire, mais avec le temps ça ne peut qu'aller de mieux en mieux.

Merci à Nico et Jean-Hugues pour cet interview "Paye Ton Succès" et continuez de cultiver votre positive attitude si précieuse dans l'entrepreneuriat ! 

 

Infos pratiques :

Paye Ta Bière sur Facebook

Adresse : 15 bis chemin Joseph Brun - Grenoble

Arrêt de tram le plus proche : Valmy-Flandrin

Ouvert du lundi au mercredi de 10h à 22h et du jeudi au samedi de 10h à 23h.